Le 07/12/07
Cinquième partie : Evolution et adaptation dans la quête du bien-être.
Définitions (Petit Robert)
Adaptation : 1 – Action d’adapter ou de s’adapter ; modification qui en résulte. Adaptation
d’un enseignement à l’âge des élèves. « La plus légère des idées nouvelles nécessite de lui (…) un effort d’adaptation » (Gide). 2 – Résultat des modifications
morphologiques et physiologiques génétiquement fixées, permettant la survie d’une espèce dans un habitat modifié. / Aptitude d’un individu à modifier sa structure ou son comportement pour
répondre harmonieusement à des situations nouvelles.
Contr : Inadaptation. Immutabilité.
Evolution : I 1 – Mouvement exécuté par des troupes qui changent leur position pour une nouvelle.
2 – Action de faire un tour, une rotation, une révolution.
II 1 – Suite de transformations dans un même sens ; transformation graduelle assez lente, ou formée de
changements successifs insensibles. / Changements dans le caractère, les conceptions d’une personne, d’un groupe. 2 – Transformation progressive d’une espèce vivante aboutissant
à la constitution d’une espèce nouvelle.
Contr : Immobilité. Permanence. Stabilité. Fixité.
On l’a vu au début de ces élucubrations, de cette improvisation libre sur un thème, l’évolution et l’adaptation sont des clés importantes et nécessaires qui
ouvrent les portes se dressant incessamment lors de ce voyage perpétuel qu’est la quête du bien-être.
Hier, alors que je discutais sur le chat et que l’on parlait de nos textes, on m’a demandé ce qu’était, pour moi, la différence entre l’évolution et
l’adaptation…et bien je remercie cette personne de m’avoir trouvé l’idée de ce chapitre que j’écris aujourd’hui.
Il me semble que ces deux termes sont tellement liés et intimes entre eux qu’ils semblent n’en faire qu’un.
L’adaptation est nécessaire à l’évolution. Mais aussi, parceque l’apprentissage de l’évolution apporte progressivement des facultés à s’adapter, cette dernière
est nécessaire à l’adaptation.
L’évolution des espèces se déroule au gré de leurs adaptations à leur milieu respectif. On découvre en ce moment des êtres vivant dans les abysses, là où toute
survie paraissait quasi impossible, à cause des ténèbres denses, la pression impressionnante et le manque d’oxygène. Et bien, la vie est riche et coriace. Il faut voir ses créatures
extraterrestres créer leurs propres sources de lumière par des procédés d’adaptation phénoménaux.
Pour une fois, j’irais bien à la capitale pour visiter l’exposition au Museum d’Histoire Naturelle, qui a lieu en ce moment. Elle est consacrée aux créatures des
abysses. J’ai vu des images aux infos, c’est magnifique. Bon, je m’égare un chouïa là…
Nous l’avons vu plus haut avec la belle citation de Pema Chödröm, le côté irrémédiable et permanent de l’impermanence.
Nous avons des vie différentes, des cultures et des croyances variées, mais nous sommes tous soumis à l’impermanence, et tous habités par elle.
Les expériences diverses de la vie, nous font comprendre qu’il est vital d’avoir à s’y adapter, et d’évoluer au fur et à mesure de ces adaptations.
Notre personnalité, se constitue d’un être profond et qui reste essentiellement le même (on pourrait dire « âme » par exemple) et d’une foule de
sentiments, d’idées, de situations, qui nous forgent au gré de ces adaptations.
Nous changeons, nous évoluons, tout en restant le même, car chacun est unique dans sa multiplicité. Comme dit le Petit Robert : « suite de
transformations dans un même sens ».
Ainsi, l’impermanence reste permanente dans son impermanence…
Pour ouvrir les portes du bien-être, des portes qui débouchent sur des situations magiques comme maléfiques, malheureuses comme bienheureuses, destructives
comme constructives…des portes qui seront autant d’étapes dans notre évolution et nos changements.
Il faut parfois accepter à renoncer à des choses précieuses à priori pour passer une porte. Ce renoncement est une adaptation.
Il faut parfois accepter une mort difficile et pénible pour passer une porte. Cette acceptation est une adaptation.
On est parfois étonné de se sentir bien, et on a envie de rire. Le rire est une adaptation.
On est parfois obligé de faire des efforts conséquents pour nous afin de cesser de nous torturer. Ces efforts sont des adaptations/
On est parfois obligé de se contenter du nécessaire afin de cesser de désirer sans cesse. Ce contentement est une adaptation.
Alors oui, la vie est un cheminement long et évolutif. Il est nécessaire d’accepter ce mouvement, car comme l’expliquait si bien Bachelard (dans je ne sais
plus quel tome de son Opus consacré aux éléments, dans L’eau et les rêves je crois…), une eau qui ne coule pas, qui n’est pas vive, est une eau destinée à stagner et à croupir. Car elle
ne se renouvelle pas.
Nous avons besoin de sans cesse nous renouveller, grace aux adaptations.
Notre sang est sans cesse en mouvement dans notre corps, telle la sève circulant dans les arbres.
Ne pas vouloir évoluer nous transforme en un être qu stagne et qui finit par se remplir d’une énergie néfaste.
D’où la nécessité de se poser des questions, et d’apprendre à se remettre en cause.
Le bien-être ne nous tombe pas « tout cuit » du ciel. C’est une participation active et une volonté de ne plus vouloir tout maîtriser et d’éviter de
se faire trop d’illusions.
Ce n’est pas du fatalisme gratuit. Il y a plein de situations imprévues.
Par exemple, les girafes…et bien les girafes ont bien du adapter leur cou pour attraper et manger leurs feuilles qui poussent très hauts, dans les rares arbres
de la savane. Les aras et les pécaris se servent du kaolin pour soigner les intoxications que leur réservent certaines plantes. Dans une rivière en Amazonie, le soleil écrasant de la saison sèche
provoque une prolifération d’algues qui prive l’eau d’une énorme partie d’oxigène…les requins bouledogues doivent partir pour cette raison, mais aussi parce que l’eau douce se charge
progresivement en sel, et ils ne peuvent vivre dans de l’eau salée.
Voila des exemples d’adaptations.
Nous sommes bien obligés de moduler nos comportements afin de surmonter et de digérer certaines situations.
Certaines situations heureuses peuvent voir le jour quand on est disposé à les voir venir, et qu’un jour on fait tous les efforts nécessaires à leur
réalisation. Ca aussi, c’est une adaptation.
Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Parfois il faut cesser de vouloir s’obstiner à comprendre une situation que l’on ne s’explique pas ; alors la
situation se passe et nous franchissons une nouvelle porte, que ce soit une situation délicate ou heureuse d’ailleurs. Ce lâcher-prise face à la non-compréhension est une adaptation.
Comme le disait plus haut Joseph Goldstein, nous devons apprendre à surfer : avec la planche en guise d’évolution et l’équilibre dans le rôle de
l’adaptation.