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Jeudi 13 septembre 2007
 Il est important d epréciser que l'idée de bien-être, qui peut être objective car elle dépend d'évènements extérieurs, reste très subjective aussi car on peut penser qu'il n' y a pas un "modèle", un "parangon" dû bien-être.
Un bien-être dans la durée sera effectif en fonction des expériences de chacun.

 L'idée de bonheur dépend bien sûr du monde culturel qui nous englobe, des croyances qui nous imprègnent, des situations vécues, des évolutions par lesquelles nous passons, au gré de l'existence; ainsi nous pourrons nous concentrer sur le caractère changeant et mouvant de cette idée.
 Cette idée toujours en mouvement explique pourquoi la quête du bien-être s'avère être un travail à plein temps; c'est une adaptation continue, et chacun se doit de trouver ses "trucs" et ses astuces, pour s'adapter sans cesse; comme si le bien-être était une atmosphère complexe à laquelle s'acclimater toujours.

 " La raison est que tous les éléments qui font partie du concept du bonheur sont dans dans leur ensemble empiriques, c'est-à -dire qu'ils doivent être empruntés à l'expérience; et que cependant pour l'idée du bonheur un tout absolu, un maximum de bien-être dans mon état présent et dans toute ma condition future, est nécessaire."
E. Kant, Fondements de la Métaphysique des moeurs

(Kant, c'est bien pour certaines citations, mais que c'est lourd à lire...il aurait pas pu être plus simple, j'ai jamais vue des titres de livres aussi compliqués...)

 Le bonheur, dans le sens d' un bien-être qui dure, sera donc un tout en évolution, formé par de multiples facettes, des sentiments variés, un tout propre à chacun.
 Le bien-être peut donc être formé de choses et d'évènements heureux, mais aussi d'une certaine aptitude à faire face à l'imprévu et à accepter tout ce que nous ne contrôlons pas; il est nécessaire au bien-être de ne pas se faire d'illusions et d'accepter qui nous sommes, de savoir quelles sont les choses essentielles à nos yeux, à tous moments, car la vie est évolutive. 
 Voici trois pensées bouddhistes, extraites des 365 pensées de maîtres bouddhistes de Danielle et Olivier Follmi qui pourront nous éclairer davantage:
 " L'imperpanence est un principe d'harmonie. Quand nous ne luttons pas contre elle, nous sommes en harmonie avec la réalité. " Pema Chödrön

 " La cause première du bonheur réside en notre esprit, alors que les circonstances extérieures ne constituent que des conditions adverses ou favorables."  Matthieu Ricard

 " Vous ne pouvez pas arrêter les vagues, mais vous pouvez apprendre à surfer."  Joseph Goldstein



 C'est pourquoi il est essentiel de toujours se consulter et d'observer nos erreurs, nos réussites, être capable de discerner quelles sont pour nous les choses qui nous apaisent, de celles qui nous agitent et nous agressent.
 Oser se mettre face à nos craintes et nos angoisses afin de les comprendre pour les apprivoiser, et peut être parvenir à les éloigner. Tous les jours, s'escrimer à faire la chasse aux "mauvais démons", qui sont nombreux et variés dans leur forme: " Ainsi l'élève d'Aristote savait déjà que nous n'avons aucune puissance sur les passions tant que nous n'en connaissons pas les vraies causes. "  Alain, Propos sur le bonheur

 
Peut-être que le bien-être (ce terme convient mieux, on le voit, que "bonheur", qui est trop vague) commence par une acceptation de soi, de nos qualités et de nos défauts, pour ne plus avoir peur de soi-même, et par la même des autres.
 Cette peur de l'inconnu fait bien des ravages et ne sert en rien l'espoir d'un bien-être collectif et planétaire.
 Ne pas avoir peur de s'affirmer tel que l'on est, et ne pas attendre trop de choses des autres, ni devenir esclave de notions comme la gloire, l'honneur, ou autres vanités...il semblerait que ces restrictions soient nécessaires au bien-être...il n'y a pas de liberté sans discipline personnelle, apparemment.

 Dans une société comme la nôtre, pragmatique matérialiste et consumériste, nous avons trop tendance à oublier  trois des priorités essentielles au bien-être: être en bonne santé, avoir de quoi vivre, survivre, et être dans une société qui ne nuit pas aux droits de chacun.

 Si les médias nous font miroiter une vie idéale dans l'accumulation de biens perpétuelle, de richesses, et dans l'opulence égoiste et méprisante, nous avons tout de même le droit (et le devoir pour ceux et celles qui rêvent d'un monde meilleur) de nous construire une autre idée du bonheur. Il semble que l'homme qui orgueilleusement et vilement se dit "civilisé" préfère la quête du pouvoir plutôt que celle du bien-être...mais il affirmera que cette quête du pouvoir lui apporte du bonheur...oui, bien sûr, un "bonheur" matériel et égoiste, et non pas un bien-être de l'âme...et ce n'est bien sûr pas dans cette quête qu'il pensera à un possible bien-être mondiale...la paix dans le monde et l'apaisement personnel et collectif, ce n'est bien sûr pas rentable...la quête des biens matériels et de la puissance du pouvoir n'exige-t-elle pas une activité si aliénante qu'elle nous éloigne de l'essentiel ?
 Si ne rien avoir de quoi vivre dessert au bien-être, est-ce que la chaîne du désir toujours insatisfait et la consommation à outrance l'améliore-t-il pour autant ? Nous n'en sommes vraiment pas certain.
 Non, l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue, c'est tout. C'est un moyen, non une fin.

 " De la possessivité naît le manque, du non-attachement, la satisfaction."  Kalou Rinpotché

 (Faut que j'aille faire des courses...hasta la vista )
Par Sonhayâ - Publié dans : Variations sur le "bonheur"
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